Le Labo à Bazar : de la récup' pour de jolies créations !



Cloé, c'est une fille super sympa, et en plus elle crée et fabrique plein de jolies choses avec du matériel récupéré au sein du Labo à Bazar ! Des colliers, des bracelets, des pochettes... et, c'est ce qui m'a surtout plu, certains sont fabriqués à partir de chambre à air (les autres en cuir recyclé) ! Oui oui, un vélo qui crève, pour elle c'est pas perdu ! 

Je lui ai acheté un de ces fameux colliers l'an dernier (voir la photo plus bas), en me demandant, je l'avoue, si la chambre à air allait sentir le caoutchouc (spoiler : non) et si c'était vraiment agréable à porter (re-spoiler : oui !).  Et j'en ai été ravie ! 

C'est donc avec beaucoup plaisir que je vous présente aujourd'hui son interview. Bonne lecture !

Henja

Peux-tu nous présenter ce qu'est le Labo à Bazar ?

Le Labo à Bazar, c'est d'abord le rêve de mon adolescence. J'ai commencé mes études par une année en section Arts Appliqués au lycée Théodore Aubanel. Mais les études c'était pas vraiment mon fort. (En fait je m'éclatais qu'en cours d'Art) Je me suis donc dirigée vers la branche professionnelle et ai atterri au Lycée Vincent de Paul à Avignon en BEP Métiers de la Mode et Industries Connexes. J'y ai appris la couture. Puis j'ai continué à Marseille, au Lycée Colbert, en BacPro Métiers de la Mode et du Vêtement.. Que j'ai obtenu avec mention TB (Comme quoi, finalement..) Mon rêve à ce moment là, c'était de créer ma ligne de vêtements. Puis des soucis de santé sont venu s'en mêler. Problèmes de vue, la couture devient trop pointilleuse, mes yeux ne suivent plus. Gros blanc dans ma vie. Remise en question, je fais quoi maintenant, tout ça, tout ça.. Puis, j'ai découvert le travail du cuir après avoir déménagé vers Toulouse. Et me suis aperçue que je pouvais me servir de mes bases, pour le patronage et l'assemblage. En gros ce qu'il fallait pour partir de plusieurs morceaux plats, et d'en faire quelque chose en volume. Alors j'ai acheté un bout de cuir, quelques outils de débutants, j'ai démonté ma roue de vélo crevée pour récupérer la chambre à air, j'ai fouiné les bibliothèques et scruté le web. Et là, les soucis de n'yeux ne se faisaient que guère sentir car je perce les matières à l'emporte pièce et au marteau, ou à la pince à percer, et j'assemble avec des lanières... Je faisais mes petites expériences, et ça a plu autour de moi. Et comme, quand je bosse, j'ai tendance a mettre "le oai" comme on dit chez moi, -ou le bordel, en des termes plus communs- ... Le Labo à Bazar était né. Il aura vu le jour dans le Vaucluse, où je suis revenue depuis.
Comment l'idée t'est-elle venue ?

J'pense avoir répondu partiellement à la question ci-dessus, mais des petites précisions sont à ajouter. Je travaille beaucoup avec des éléments de récupération. Une partie de mon stock de cuir provient de canapé dépecés, de vêtements tels que des blousons ou des pantalons de moto, des manteaux, le tout trop abîmés pour être vendus en l'état. Alors je récupère, je découpe, et je transforme. On vit dans une société où tout l'monde jette des trucs aussi vite qu'ils en rachètent et ça me met hors de moi.. Y'a tellement de choses qui peuvent avoir encore des vies.. Alors je fais honneur à tous ces canapés qui ont soutenu des culs inconnus durant toute leur vie, à tous ces blousons qui ont mangé du moucheron a 130km/h sur une bécane, à tous ces manteaux qui ont rendu service l'hiver, qui auraient, pour beaucoup, fini à la benne. Ils finiront en pochette, blague a tabac, sacoche etc, chéris par des gens qui auront eu un coup de cœur pour eux. Et par affiliation, j'espère bien faire honneur aux bêtes qui sont mortes pour faire tout ça avant que ça arrive dans mes mains. Pour ce qui est de la chambre à air, les garagistes et agriculteurs à qui j'en ai récupéré sont amusés de voir ce que j'en fais, et les copains m’appellent en rigolant dès qu'il crèvent à vélo.
Et où puises-tu ton inspiration ?

Une grosse partie dans les tréfonds de mon imagination.. Et mes amis ne pourront que confirmer qu'elle n'a aucune limite ! Dans les livres. Chez les enfants, avec qui je passe beaucoup de temps, et à qui j'ai fait découvrir le travail du cuir, et qui ont souvent des idées lumineuses. Tout ça, couplé à la multitude de chose à laquelle on a accès sur internet... ça donne les produits réalisés et une montagne de listes, de dessins, de schémas, de
patronages en cours, qui s'entassent.
Qu'est ce qui plait le plus à tes clients ?

Le côté recyclage je pense. Quand je leur dit "telle bourse, c'était un pantalon. Cette pochette, c'était un fauteuil, et ce bracelet c’était mardi dernier, j'ai crevé à vélo" je vois leur regard changer. Après en terme de produit, pas de préférence particulière, ça varie d'un marché à l'autre. 
D'ailleurs, peut-on te demander une création sur mesure ?

Oui, mais... à dose thérapeutique je dirais. Je travaille à côté, en interim principalement, et j'ai du mal à gérer stock pour les marchés et création sur mesure en même temps, dans ces conditions. 



Où peut-on acheter tes créations ? 

Sur les stands principalement ! Marchés, marchés artisanaux, festival musicaux... Je tiens au courant de tout ça sur ma page Facebook et j'ai une boutique sur Etsy.
As-tu de nouveaux projets pour le Labo ?

Je compte déménager en Ardèche dès que possible, et j'ai un petit projet à mettre en oeuvre une fois sur place, il faut que je trouve un refuge ou une SPA voulant bien collaborer ;) Je n'en dis pas plus, la suite au prochain épisode...
Au niveau personnel, comment intègres-tu l'écologie dans ta vie quotidienne ?

Le recyclage. Encore et toujours. Je récupère. Je n'hésite pas à faire les poubelles (ce qui ne veut pas dire que je vais fouiner dans les ordures de cuisine que les gens déposent, en revanche lorsqu'un sac ouvert, rempli d'objet divers, trône aux abords d'un conteneur, je vais y jeter un œil). Des fois c'est dégoûtant, des fois on trouve des trésors.
Parmi ce que je récupère aussi: papier bulle, papier kraft, journal. Tout ça sert à emballer mes colis, et m'évite d'acheter des rouleaux de ces mêmes produits, ou des enveloppes avec papier bulle intégré, puisque ça finira, de toute manière à la poubelle, une fois reçu et ouvert ! J'utilise également les cartonnettes des paquets de gâteaux, céréales, et autres emballages, pour faire les patrons. Mais je dessine aussi dessus. J'achète très peu de vêtements neufs. C'est beaucoup du Emmaüs, du vide grenier, du troc avec les copines, et de la customisation d'anciennes fringues ou de nouvelles acquisitions. Idem pour les chaussures. Mes Doc Martens fêtent leur 28 ans cette année. Et mes Kickers m'ont coûté 2€ sur un vide grenier. 

As-tu un conseil pour vivre une vie plus green ?

Éteindre sa télé et allumer son cerveau. Arrêter d'acheter ce que dicte la télé, la radio, les pubs sur Youtube. Acheter du neuf uniquement quand c'est nécessaire, et se diriger plutôt vers les Emmaüs, Troc de l'île, et autres endroit où l'on peut trouver de l'occasion. Fabriquer ses cosmétiques, ou se diriger vers des gens qui le font (comme le Labo de Miette, par exemple) ce n'est pas plus onéreux qu'en magasin. Même beaucoup moins cher sur la durée.. (le déodorant à 5€ le pot, est entamé d'un tiers, je l'ai depuis deux mois..) Ne plus tolérer l'obsolescence programmée des appareils d'aujourd'hui : privilégier les réparations au rachat... Le tout quand c'est possible bien sûr. Le but n'est pas de retourner au Moyen Age. Prendre son vélo ou les transports en commun lorsque c'est possible, plutôt que la voiture.. Ça paraît difficile et très rébarbatif dit comme ça, j'en ai bien conscience. Mais c'est une habitude à prendre. Un réflexe à créer. Au final, c'est pas compliqué. Vraiment pas. Ça fait du bien au portefeuille, à la planète, au karma et au moral. Tout bénef ! 

Merci Cloé !

La page Facebook : http://www.facebook.com/lelaboabazar/
Sur Etsy : etsy.com/shop/lelaboabazar/



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